Le senateur UMP Jean FAURE Acquitté en 1ere instance

 

La cour d’assises de Paris a acquitté, samedi peu après minuit, Jean Faure, sénateur UMP de l’Isère. Il était accusé, par la fille de son ex-compagne, de viols et d’agressions sexuelles commis de 1986 à 1991. Le prévenu avait toujours nié les faits.

 

A l’énoncé du verdict, Shirley a éclaté en sanglots. La jeune femme, qui aura 29 ans demain, s’était constituée partie civile contre le sénateur, qu’elle accusait de l’avoir violée pendant cinq ans lorsqu’elle était enfant.

Selon plusieurs témoignages recueillis pendant l’enquête, notamment auprès de ses petits amis, la jeune femme avait expliqué ses difficultés dans sa vie sexuelle du fait de ces agressions subies dans l’enfance. Le psychiatre, Frantz PROSPER, qui l’a expertisée, avait estimé que la plaignante ne présentait aucune tendance à l’affabulation ou à la mythomanie, et que son récit était crédible.

Placé en garde à vue en novembre 2003, le sénateur Jean Faure avait nié les faits, les mettant sur le compte d’un “ complot” entre la jeune femme et sa mère, destiné à éviter à cette dernière de s’acquitter d’une dette contractée auprès du sénateur pendant leur liaison.

Dans son réquisitoire, vendredi 3 juillet, l’avocat général Jean-Claude Kross a indiqué que rien ne venait accréditer la thèse du “complot financier”. Il a reproché au sénateur de tenter de jeter le discrédit tant sur l’enquête policière que sur les experts et les témoins de la jeune femme. S’il a rendu hommage aux “ valeurs” dont témoigne le parcours de Jean Faure, fils de paysan engagé dans le syndicalisme agricole après l’expérience douloureuse d’appelé du contingent, à 20 ans, durant la guerre d’Algérie, il a évoqué sa “ part d’ombre”.

“Dans chaque homme, il y a de la monstruosité et une touchante délicatesse”, a relevé M. Kross, en citant une phrase extraite des carnets de guerre publiés par le sénateur en 2001. Avant que la cour n’entre en délibéré, M. Faure avait fondu en larmes. “Je suis innocent. Ce qu’on me reproche est à des années lumière de ce que je suis, de mes principes, de mes convictions.”

Ce n’est pas la première fois qu’un parlementaire toujours en exercice était jugé par une cour d’assises. Le député du Haut-Rhin, Marc DUMOULIN, avait été condamné en 2002 à cinq ans de prison pour avoir violé une nièce mineure.

Source le monde

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